Seabiscuit, un Héros Américain

SEABISCUIT | HISTOIRE D'UN CHEVAL DE LÉGENDE

de lecture - mots

→ Souhaitez-vous savoir comment un cheval a pu devenir un héros pour tous les États-Unis ?

→ Souhaitez-vous savoir comment une course hippique a pu attirer 40 millions d'américains ?

→ Souhaitez-vous savoir comment un cheval et son jockey ont pu de bons à rien à légende de l'équitation ?

Explorons ensemble l'histoire d'un des chevaux les plus populaires au monde et découvrons tous les secrets autour de l'aventure qui a apporté de l'espoir à toute une génération d'américains !


I - GROS PLAN SUR LA SITUATION DE L'ÉPOQUE

1. LA GRANDE DÉPRESSION AMÉRICAINE

L'invention de l'automobile par Henry Ford dans les années 1910 a contribué à détruire la relation entre les Hommes et les chevaux au fil du temps. Nous n'avions plus besoin des chevaux pour vivre. Les voitures ont remplacé les calèches, les courses automobiles ont remplacé les courses hippiques et les chemins de terre ont progressivement été remplacés par des routes.

Le travail à la chaîne a permis à une génération entière d'américains de s'élever dans la société. Les USA étaient en pleine croissance économique et le taux de chômage était extrêmement bas.

Malheureusement, le krach de 1929 a détruit tout ce que les 20 dernières années ont construit en l'espace de seulement deux semaines. Le taux de chômage a monté de 25% et beaucoup d'américains se sont retrouvés à la rue — ou, ironiquement, dans leur automobile.

L'Amérique avait bel et bien besoin d'une petite lueur pour éclaircir un ciel qui était bien trop sombre. La prohibition a contribué à faire remonter l'attrait du peuple pour les courses de chevaux. Tout soupçon de débauche étant formellement interdit aux USA, beaucoup d'américains allaient à Tijuana, Mexique, pour s'amuser, parier dans les hippodromes et boire de l'alcool.


Grande dépression

File d'attente devant une cuisine bénévole gratuite, 1931 — Source


2. RED POLLARD, LE JOCKEY QUI ÉTAIT TROP GRAND

John “Red” Pollard n'était pas destiné à un brillant avenir. Sa famille s'est retrouvée à la rue suite à l'inondation du North Saskatchewan en 1915. Son père voyant en lui un talent pour l'équitation, décida de l'autoriser à rejoindre une écurie où il avait réussit à trouver un petit job.

Malheureusement, Johnny n'a jamais vraiment fait preuve de son talent lors des années qui suivirent cette crise. Véritable compagnon de l'échec, il eut du mal à trouver un nouveau travail lorsqu'une défaite de trop lui coûta le dernier.

C'est à ce moment-là que Tom Smith lui demanda de s'occuper de Seabiscuit, un cheval paresseux et maltraité qui courrait dans des hippodromes de seconde zone - mais nous allons vous parler de tout ça dans un chapitre dédié !


John Red Pollard avec Seabiscuit

John “Red” Pollard en compagnie de Seabiscuit — Source


3. SMITH ET HOWARD, LES HOMMES DE L'OMBRE

Charles Howard a fait fortune en étant l'un des meilleurs vendeurs de Buick de tous les États-Unis dans les années 1910. Le tremblement de terre de San Francisco en 1906 aurait contribué à populariser son magasin car il était l'un des seuls à avoir des voitures opérationnelles pour sauver les habitants de la ville.

Il achète le ranch Ridgewood en 1921 - bien avant d'avoir Seabiscuit — dans le compté de Mendocino qu'il utilisait comme résidence secondaire jusqu'à 1930 où il en transforma une petite partie en centre d'élevage pour Pur-Sang.

C'est après une longue période de deuil suite à la mort de son fils en 1929 qu'il décida d'acheter un nouveau cheval. En cherchant sa perle rare, il tomba sur Seabiscuit, un cheval réfractaire et réputé bon à rien dans le ranch du célèbre Sunny Jim. Les critiques à propos de ce cheval ne l'arrêtant pas, il achète Seabiscuit et engage John “Red” Pollard comme jockey malgré sa taille d'1m70 jugée trop grande - un jockey professionnel mesure en général moins d'1m55.

Seabiscuit fut entraîné par Tom Smith, un conditionneur marginal qui traînait une mauvaise réputation à cause de ses méthodes peu orthodoxes. Il était surnommé “Silent Tom” à cause de son tempérament calme et réservé.

Charles, Tom et John vont fortement contribuer au brillant avenir de Seabiscuit — ce que nous allons voir dès maintenant.


Charles Howard et Tom Smith

Photos de Charles Howard et Tom Smith avec Seabiscuit — Source


II - L'HISTOIRE DE SEABISCUIT

1. UNE JEUNESSE COMPLIQUÉE

Seabiscuit est issu d'une belle lignée de Pur-Sang au haras de Claiborne Farm dans le Kentucky. Il fait preuve de mauvaise volonté dès ses débuts. En effet, il est paresseux, apathique et mange deux fois plus que les autres chevaux du ranch. Bien que mangeant plus que ses congénères, il était plus petit qu'eux et n'avait pas un physique de compétiteur.

Il fut confié à un premier entraîneur, Sunny Jim, qui le laissa de côté pour s'occuper d'un cheval beaucoup plus rapide à l'époque. Il courut dans des hippodromes de seconde zone. Il disputa 35 départs dans l'année de ses deux ans où il ne gagnera que cinq fois après avoir abandonné les 17 premiers. 

Ses résultats étonnamment bons dans des courses pour chevaux à vendre lui permirent de trouver un nouveau propriétaire pour $ 2 500. Mais il ne montra aucun progrès par la suite.

C'est usé, maltraité et fatigué après trois changements de propriétaire et 9 victoires pour 47 départs qu'il fit la rencontre de celui qui sera son propriétaire définitif : Charles Howard.

En effet, ses performances sur l'hippodrome de Suffolk Downs à Boston attirèrent l'oeil de Tom Smith et de Charles. Charles l'acheta pour $ 8 000 ce qui était tout de même une belle somme pour l'époque (environ $ 100 000).


John Pollard sur Seabiscuit

John Pollard chevauchant Seabiscuit, 1936 — Source


2. UNE VÉRITABLE RENAISSANCE

Comme mentionné plus tôt, Smith était un conditionneur spécial et réputé pour ses méthodes peu orthodoxes. Mais ces méthodes si spéciales ont touché une corde sensible chez Seabiscuit. Red Pollard, le nouveau cavalier de Seabiscuit, et Tom Smith s'assurèrent de faire ressortir la grandeur qu'ils avaient vue en lui jadis.

Le potentiel de Seabiscuit commença à se révéler et il gagna dans le Governor's Handicap de Detroit et le Scarsdale Handicap de Yonkers, New York. Il couronna la saison de ses trois ans par des victoires impressionnantes dans le Bay Bridge et le World's Fair handicap de Californie en 1936.

Un revers dévastateur brisa cette belle série de victoires lorsque Seabiscuit et Red Pollard perdirent d'un nez face à Rosemont dans le Handicap de Santa Anita au début de 1937. Il s'est avéré que Pollard n'a pas vu Rosemont arriver car il était aveugle d'un oeil à cause d'un traumatisme crânien au début de sa carrière — chose qu'il avait caché pendant tout ce temps.

Cette défaite inattendue contribua à rendre Seabiscuit attachant aux yeux du public américain qui n'a cessé de croire en lui ! 


Seabiscuit à Santa Anita

Seabiscuit à Santa Anita lors de son retour, 1940 — Source


3.  LA RIVALITÉ DU SIÈCLE

Charles Howard est resté loyal envers Red Pollard qui lui avait caché son problème à l'oeil. Il sera récompensé quand Seabiscuit (désormais surnommé “The Biscuit”) terminera la saison avec 11 victoires pour 15 départs en étant le cheval le plus rentable de la l'année. Le Biscuit n'aura cependant pas la récompense de “Cheval de L'Année” car elle sera décernée à War Admiral, vainqueur de la Triple Crown cette année-là.

Vous souhaitez en savoir plus sur la Triple Crown ? Alors faites un tour sur notre article à propos des chevaux les plus rapides de l'histoire !

C'est ainsi que naquit l'une des rivalités les plus célèbres des courses hippiques : Seabiscuit vs War Admiral. Charles Howard usa de provocations et de coups médiatiques afin de faire monter l'intérêt du public pour ce duel tant attendu qui ne se fit qu'un an plus tard pour diverses raisons — dont la prétention du propriétaire de War Admiral.


Seabiscuit avec Tom Smith

Seabiscuit et son conditionneur Tom Smith, 1938  Joe Fleischer, Source


4. LA COURSE FATIDIQUE

Le 1er novembre 1938, 40 000 personnes étaient au Pimlico Race Course de Baltimore et 40 millions d'américains écoutaient la rencontre tant attendue entre Seabiscuit et War Admiral. “L'Amiral de Guerre” était largement donné gagnant pour ce duel tant attendu.

Malheureusement, Pollard ne pouvait pas accompagner The Biscuit car il s'était gravement blessé à la jambe en chutant de cheval. Il chargea donc son remplaçant, Georges Woolf, de concourir à sa place avec Seabiscuit.

Tom Smith avait secrètement entraîné Seabiscuit à accélérer brusquement dès la sonnerie de la cloche de départ lui permettant ainsi d'atteindre une vitesse qu'il n'avait jamais atteinte auparavant. 

Red Pollard a demandé à Woolf de laisser un répit au “Biscuit” pour permettre à War Admiral de l'engager pleinement. Il savait que Seabiscuit réagirait tout seul face à l'attaque soudaine de “l'Amiral” et commencerait à lutter comme si sa vie en dépendait pour gagner la course. 

Woolf appliqua cette stratégie qui fonctionnera à merveille permettant à The Biscuit de faire une montée en flèche exceptionnelle qui lui apportera la victoire face au champion de la Triple Crown avec quatre longueurs d'avance — cette course fut qualifiée de “Match du Siècle” quelque temps plus tard.


Seabiscuit doublant War Admiral

 Seabiscuit après sa victoire contre War Admiral, 1938 — Joe Fleischer, Source


5. SUITE ET FIN D'UNE CARRIÈRE EXCEPTIONNELLE

Seabiscuit fut nommé “Cheval de L'Année” suite à cette victoire en 1938 qui fut le point culminant d'une carrière de 89 courses qui a permis à Howard de générer $ 437 730 — soit environ $ 7 811 000 en 2020.

À l'instar de son cavalier, Seabiscuit se blessa gravement à la jambe lors d'une course qu'il disputa avec George Woolf. Mais avec la force de son caractère et en compagnie de Pollard, il remonta sur le devant de la scène où il gagna à Santa Anita en 1940 - là où il avait perdu jadis. 🏆 

Il prit sa retraite au Ridgewood Ranch en Californie où plus de 50 000 personnes lui rendirent visite pendant le reste de sa belle vie.

Cette histoire digne d'une production hollywoodienne fera chavirer le coeur des américains qui avaient définitivement besoin d'un héros dans cette décennie extrêmement difficile. Seabiscuit devint une véritable légende.

Deux films ont été réalisés en son honneur dont un qui a été récompensé aux Oscars comme étant l'Oscar du meilleur film en 2003 — soit l'une des récompenses les plus importantes dans le milieu du cinéma.


Monuments à l'effigie de Seabiscuit

Statues de Seabiscuit à Santa Anita et à la Ridgewood Farm — Source


Merci d'avoir lu cet article sur ce cheval de légende à l'histoire impressionnante.

Nous espérons que cette aventure aura été inspirante pour vous comme elle l'a été pour nous. N'hésitez pas à aller visiter notre boutique en ligne spécialisée dans la thématique des chevaux !


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