L'Origine Et L'Histoire Du Cheval

Histoire -

L'ORIGINE ET L'HISTOIRE DU CHEVAL

de lecture - mots

Depuis quand le cheval est sur notre planète ? D'où vient-t-il ? Depuis quand les Hommes l'ont domestiqué ?

Il y a tant de questions passionnantes à propos des équidés et de la façon dont ils sont apparus sur notre planète. Dans cet article, je vais tâcher de vous parler de ses origines et de sa domestication par l'Homme. Nous allons passer par différentes ères de l'Histoire pour nous arrêter à l'Antiquité, durant laquelle le cheval évolua dans la forme qu'on lui connaît aujourd'hui.

Entrons ensemble dans le vif du sujet et partons à la recherche des racines de nos meilleurs amis ! 🐴 


Nos coques cheval


LES ORIGINES ET ANCÊTRES DU CHEVAL

L'EOHIPPUS

La lignée évolutive des chevaux est parmi les mieux documentées de toute la paléontologie. Bien sûr, pour rester clair, je ne vais vous parler que du plus important. L'histoire de la famille des chevaux commence à l'époque Éocène (56 à 33,9 millions d'années) où le premier cheval, Hyracotherium (ou Eohippus), aurait vécu en Amérique du Nord et en Europe.

D'après les fossiles découverts, l'Eohippus aurait mesuré entre 42,7 et 50,8 centimètres de haut – ce qui est très petit par rapport aux chevaux que nous connaissons aujourd'hui. Les jambes de l'Eohippus se terminaient par des pieds rembourrés avec quatre sabots fonctionnels sur chacun des pieds avant et trois sur chacun des pieds arrière – ce qui est très différent du pied non rembourré à un seul sabot des équidés modernes !

Le crâne de l'Eohippus montre que son cerveau était nettement moins grand et complexe que les chevaux que nous connaissons actuellement. Son museau était aussi légèrement différent, car plus rigide. L'Eohippus était tellement différent des chevaux actuels qu'il fallut attendre plusieurs siècles avant d'établir des connexions entre les deux bêtes.

Eohippus

 Photo : Encyclopaedia Britannica (voir les références ↓)

LE MÉSOHIPPUS

Le prochain ancêtre important du cheval moderne est le Mésohippus. Les fossiles de Mésohippus se trouvent au début et au milieu de l'Oligocène d'Amérique du Nord (environ 34 à 23 millions d'années). Il ressemblait beaucoup plus à un cheval que ses ancêtres Eohippus ; il était plus grand (environ 61 centimètres) ; son museau ressemblait davantage à un museau de cheval et ses jambes étaient plus longues et élancées.

Le Mésohippus avait également un cerveau plus volumineux. Le quatrième orteil de l'avant-pied avait été réduit à un vestige, de sorte que les pieds avant et arrière portaient trois orteils fonctionnels et un repose-pied. 

LE MIOHIPPUS

À la fin de l'Oligocène, le Mésohippus avait évolué vers une forme un peu plus grande connue sous le nom de Miohippus. Les descendants de Miohippus se sont divisés en diverses branches évolutives au début du Miocène (l'époque du Miocène a duré environ de 23 millions à 5,3 millions d'années).

Il y a cependant une seule branche qui a conduit le Miohippus au cheval moderne. Le Parahippus et ses descendants ont marqué un changement radical en ce sens qu'ils avaient des dents adaptées pour manger de l'herbe.

À cette époque, l'herbe se répandait dans les plaines d'Amérique du Nord, fournissant au Parahippus une vaste réserve de nourriture. L'herbe est un aliment beaucoup plus rustique que les feuilles succulentes et nécessite une structure dentaire différente.

Miohippus 

 

 Photo : Encyclopaedia Britannica (voir les références ↓)

LE MERYCHIPPUS

Le passage de la dentition de broutage à la dentition de pâturage a été essentiellement achevé chez Merychippus, qui a évolué à partir de Parahippus au milieu et à la fin du Miocène.

Le Merychippus devait ressembler à un poney moderne. II était assez grand, du haut de ses 106 centimètres et son crâne était similaire à celui du cheval moderne. Les os longs de la partie inférieure de la jambe étaient soudés ; cette structure, qui a été préservée chez tous les équidés modernes, est une adaptation pour la course rapide.

Le Merychippus a donné naissance à de nombreuses lignées évolutives à la fin du Miocène. La plupart d'entre elles, dont Hipparion, Neohipparion et Nannippus, ont conservé le pied à trois orteils de leurs ancêtres. Une lignée, cependant, a donné naissance au Pliohippus à un orteil, le prédécesseur direct de l'Equus.

Merychippus

 Photo : Encyclopaedia Britannica (voir les références ↓)

L'EQUUS, ALIAS CHEVAL MODERNE

L'Equus est la race à la laquelle appartient tous les équidés modernes, y compris les chevaux, les ânes et les zèbres. Il est apparu il y a environ 4 millions à 4,5 millions d'années et descend du Pliohippus.

Cette nouvelle espèce a connu un grand succès et s'est répandue des plaines d'Amérique à l'entièreté de l'Eurasie au début du Pléistocène (l'époque du Pléistocène a duré d'environ 2 600 000 à 11 700 ans).

Il y a environ 10 000 à 8 000 ans, l'Equus a disparu d'Amérique du Nord et du Sud – les chercheurs ont avancé diverses explications à cette disparition, notamment l'apparition de maladies dévastatrices ou l'arrivée de populations humaines.

La submersion du pont terrestre de Béring a empêché toute migration de retour des chevaux d'Asie, et Equus n'a pas été réintroduit sur son continent natal jusqu'à ce que les explorateurs espagnols apportent des chevaux au début du XVIe siècle. L'Equus a continué à se développer en Asie et en Europe. Il aurait commencé à être domestiqué par l'Homme vers l'an 8 000 avant J.-C.

Cheval Przewalski

Le cheval Przewalski serait le plus proche des premiers Equus (IAEA Image Bank/Claudia Feh)

 

LES CHEVAUX ET LES HOMMES

LES CHEVAUX À LA GUERRE

Je ne pense pas vous surprendre en disant que les chevaux ont été indispensables aux humains lors des conflits. Le cheval avait une place importante sur le champ de bataille. Je vous en ai, d'ailleurs, déjà parlé dans notre article sur les chevaux au Moyen Âge.

L'utilisation des chevaux à la guerre a été démocratisée dans les environs du deuxième millénaire avant J.-C., notamment au Proche-Orient et en Égypte. L'invention des chars – en particulier de la roue à rayons – a énormément joué dans cette utilisation des chevaux sur les champs de bataille.

Une tablette – découverte en 1906-1907 dans les archives royales du site Hittite de Hattusa en Anatolie (actuelle Turquie) – nous donna énormément d'indications sur l'utilisation des chevaux lors des guerres. Également, un texte datant d'environ 1 400 avant J.-C. présente Kikkuli (son auteur) comme un “dresseur de chevaux du pays des Mitanni [situé dans l'actuelle Syrie/Turquie)].” Il y décrit notamment un cycle d'entraînement d'environ 184 jours dans lequel est inclus des instructions pour l'alimentation, l'abreuvement et les soins des chevaux, recommandant un repos stable, des massages et des couvertures.

L'utilisation des chevaux pour tracter des chars de combat a commencé à fortement diminuer vers l'an 850 avant J.-C. où les soldats avaient plutôt pour habitude d'utiliser des chevaux de selle dans des cavaleries. Il fallut 150 ans pour que la cavalerie remplace les chars dans pratiquement toutes les situations de combat.

Concernant la place des chevaux sur les champs de bataille après l'Antiquité, je vous en parle en détail dans notre article sur les chevaux au Moyen Âge.

Roi Assyrien chassant un lion sur son char tracté par un cheval

Un souverain assyrien chassant des lions sur son char tracté par un cheval (Domaine Public)

 

LES CHEVAUX DANS LE SPORT

C'est dans le monde gréco-romain que le sport équestre s'est réellement développé. En effet, c'était un moyen puissant utilisé par l'État pour engager la fierté civique et célébrer des événements spéciaux – c'est d'ailleurs toujours le cas aujourd'hui avec, par exemple, les jeux olympiques contemporains. Les premières courses de char ont débuté chez les grecs dans les environs de 1 500 ans avant J.-C. Elles ont d'ailleurs rapidement pris une place centrale dans la célébration de la fierté civique et des événements spéciaux.

Les premiers sports équestres ont été inclus aux jeux olympiques à peu près un siècle après leur création en 776 avant J.-C et comprenaient des courses hippiques avec jockey ou char. D'après l'historien Donald Kyle, cela permettait aux familles d'afficher leurs chevaux comme capital social et politique.

D'après l'historien Livy, le premier (et le plus grand) hippodrome romain était le Circus Maximus. Il a été construit par Lucius Tarquinius Priscus – qui était roi de Rome de 616 à 579 avant J.-C. – et il s'agissait, à la base, d'un simple espace ovale ouvert, comparable aux hippodromes grecs. Cependant, les romains ont progressivement créé un bâtiment massif – ressemblant à un stade moderne. Les spectacles de char étaient les événements sportifs les plus importants dans la société romaine (devant les combats de gladiateurs).

Terrain où était placé le Circus Maximus

Terrain vague où était placé le Circus Maximus, Rome (Petar Miloševic)

 

DANS LES PRATIQUES FUNÉRAIRES

Les archéologues ont découvert des traces d'os de chevaux à l'intérieur de sépultures humaines dans la steppe eurasienne datant d'environ 5 000 ans avant J.-C. Ces os étaient mélangés avec des os de vaches et de moutons. Les animaux étaient sans doute sacrifiés, puis mangés lors des rituels funéraires.

Les sintashtas – une culture sédentaire qui a construit de grandes colonies fortifiées au sud des montagnes de l'Oural (Russie) pendant l'Âge du Bronze – auraient été les premiers à avoir accordé une place honorifique dans les rites funéraires. Des membres (vraisemblablement importants) de cette civilisation étaient enterrés avec leurs chars et les chevaux qui les tiraient. A contrario des animaux d'élevages qui pouvaient être sacrifiés et mangés lors des rites funéraires, les chevaux partaient avec (et comme) leurs propriétaires vers l'au-delà sans mutilation.

Cette pratique se répandit à travers toute l'Eurasie ; mais c'est en Chine que l'on retrouva la sépulture la plus grande contenant des chevaux. En effet, nous avons retrouvé des restes de 200 chevaux dans les fouilles de la tombe du souverain chinois du sixième siècle avant J.-C., le Duc Jing de Qi. La tombe n'a pas été entièrement fouillée, mais certains archéologues estiment qu'elle aurait pu contenir jusqu'à 600 chevaux.

Schéma de sépulture gauloise et site archéologique sintachta

Schéma de sépulture gauloise (G. Garitan) | Site archéologique sintachta, Russie (Rafikova m)

LES MYTHES AUTOUR DES CHEVAUX

COMMENT LES MYTHES SE SONT RÉPANDUS ?

Les croyances et mythes entourant les civilisations indo-européennes impliquent régulièrement des chevaux surnaturels et/ou divins. Le texte le plus ancien en langue indo-européenne est le Rig Veda, un recueil d'hymnes sacrés datant de la fin du deuxième millénaire avant J.-C., à l'Âge du Bronze.

Les croyances relatées dans le Rig Veda dateraient de plusieurs siècles avant son écriture ; mais les peuples indo-européens ont répandu leurs croyances par le biais du Rig Veda et de ses 1 000 hymnes (environ) lorsqu'ils ont commencé à voyager et à faire du commerce sur de grandes distances – c'est à dire à l'Âge du Bronze.

C'est donc par le biais du commerce et des voyages que les croyances répertoriées dans le Rig Veda se sont propagées dans le reste de l'Asie et la Scandinavie. Il était important de faire ce petit interlude afin de bien comprendre comment les mythes autour des chevaux se sont répandus sur l'ensemble du vieux continent.

 

LES CHEVAUX DIVINS ET/OU SURNATURELS

L'un des mythes les plus importants qu'ont partagés les civilisations d'Asie et d'Europe tout en long de l'Âge du Bronze était sans doute celui du culte du soleil, dans lequel le voyage quotidien du soleil était symbolisé par un cheval tirant un soleil à travers les cieux. Il sert aussi d'image au voyage des mort vers l'au-delà.

Les chevaux surnaturels ont fait leur bout de chemin dans la mythologie grecque ancienne et nordique. Par exemple, dans la mythologie grecque ancienne, le Pégase ailé était la progéniture du dieu Poseidon.

Si vous souhaitez en savoir plus sur le Pégase, nous avons un article de blog entièrement dédié à ce sujet !

Maintenant, dans la mythologie nordique, Odin – qui était le dieu scandinave de la guerre, de la poésie, de la connaissance et de la sagesse – avait un cheval divin à son service. En effet, Sleipnir (le fameux cheval divin) était réputé pour sa rapidité et pour ses huit pattes. Il transportait Odin dans ses voyages à travers les neuf mondes – qui sont la patrie/pays de ceux que l'on trouve dans la vision nordique du monde : l'humanité, les dieux, les déesses, les géants, le feu, la glace, les nains, les elfes et la mort.

Statue du culte du soleil et stèle viking

Soleil tracté par un cheval, Danemark, 1 000 av. J.-C. (HIP/Art Ressources, NY) | Stèle viking, Suède, 800 av. J.-C. (Erich Lessing/Art Ressources)


ÊTES-VOUS PASSIONNÉ D'ÉQUITATION ?

Êtes-vous, comme nous, passionné par l'équitation et amoureux de ces grandes bêtes majestueuses ? Alors faites un tour dans notre boutique en ligne spécialisée dans la thématique des chevaux ! Décorations, bijoux ou encore coques de smartphone, il y a tout ce qu'il vous faut pour exprimer et partager votre passion avec les autres !

Collier Cheval En Argent 


Références :

Evolution of the Horse, Alois Wilhelm Podhajsky, www.britannica.com

The Story of the Horse, Jareth A. Lobell & Eric A. Powell, Juillet/Août 2015, archaeology.org

Horse Facts, Alina Bradford, Mai 2015, livescience.com

 

 


Laissez un commentaire

Veuillez noter que les commentaires doivent être approuvés avant d'être affichés

Newsletter

Découvrez des anecdotes sur nos meilleurs amis ! 🐴